Mentions légales sur votre livre : le guide complet d’un auto-édité

Mentions légales sur votre livre : le guide complet d’un auto-édité.

Quand vous tenez un livre entre les mains, vous ne le remarquez peut-être pas, mais il y a toujours deux pages un peu particulières. La deuxième page du livre, juste au verso de la page de titre, et l’avant-dernière page, tout à la fin. Ces deux pages semblent anodines, pourtant elles contiennent des informations essentielles : les mentions légales.


Ce que les éditeurs font depuis toujours, et que vous devez faire aussi


Les grands éditeurs remplissent ces pages depuis des siècles. C’est une tradition du monde du livre, bien avant que la loi ne l’impose. Un éditeur professionnel ne se poserait jamais la question : c’est un réflexe, au même titre que mettre une couverture ou paginer les chapitres. En effet, ces pages discrètes sont les premières que regardent un libraire, un bibliothécaire ou un journaliste littéraire pour évaluer le sérieux d’un ouvrage.


En tant qu’auto-édité, vous êtes désormais votre propre éditeur. Cela signifie que vous avez les mêmes obligations légales et les mêmes responsabilités qu’une maison d’édition. Vous devez indiquer vous-même ces mentions légales sur votre livre auto-édité. La bonne nouvelle, c’est que ces mentions ne sont pas compliquées à rédiger. Il suffit de savoir ce qu’il faut écrire, où le mettre, et pourquoi c’est important. C’est exactement ce que ce guide vous explique, pas à pas.

Votre nom doit apparaître dans les mentions légales de votre livre auto-édité


Premièrement, votre livre doit mentionner qui l’a édité. Dans votre cas, c’est vous. Vous pouvez tout à fait publier sous votre propre nom et prénom, ce qui est la solution la plus simple. Mais beaucoup d’auteurs auto-édités choisissent de créer un nom de maison d’édition, même sans créer de société. C’est tout à fait légal et très courant.


Par exemple, si vous vous appelez Marie Dupont et que vous écrivez des romans policiers, vous pourriez choisir « Éditions du Polar Noir » ou simplement « Éditions Marie Dupont » comme nom d’éditeur. Ce nom doit apparaître clairement sur la page légale, accompagné d’une adresse postale. Si vous ne souhaitez pas diffuser votre adresse personnelle, vous pouvez louer une boîte postale ou une adresse de domiciliation, ce que beaucoup d’auto-édités font.


La mention ressemblera à ceci sur votre page légale : « Éditions du Polar Noir, 12 rue des Lilas, 75010 Paris. »

La page légale sur Amazon KDP : ce qui change

Sur KDP, votre page légale reste identique à l’exemple donné précédemment, à un détail près. Si vous utilisez l’ISBN gratuit de KDP, la ligne éditeur sera au nom d’Amazon. Si vous avez votre propre ISBN, vous mettez votre nom ou votre maison d’édition, exactement comme dans l’exemple de Marie Dupont.

Le copyright d’un livre : protéger votre texte en deux lignes grâce à vos mentions légales


De plus, votre page légale doit indiquer qui détient les droits sur le livre. C’est ce qu’on appelle le copyright. Le symbole © suivi de l’année de publication et de votre nom suffit. Cette mention n’est pas obligatoire au sens strict en droit français, car vos droits d’auteur existent dès que vous avez écrit votre texte, mais elle est indispensable dans les usages du monde du livre et protège vos intérêts de façon visible et internationale.


En tant qu’auto-édité, vous êtes à la fois l’auteur et l’éditeur. Il est donc courant de faire apparaître deux lignes distinctes. La première concerne vos droits sur le texte, la seconde concerne la maquette et l’édition.


Voici un exemple concret de ce que vous pouvez écrire : « © 2025 Marie Dupont pour le texte. © 2025 Éditions du Polar Noir pour la maquette et la mise en page. » En dessous, vous ajouterez la formule classique : « Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite de l’éditeur. »

Les personnes qui ont contribué à votre livre doivent apparaître dans vos mentions légales


Puis vient une mention que beaucoup d’auto-édités oublient complètement, et c’est pourtant l’une des plus importantes sur le plan éthique et légal : les crédits des contributeurs. Si vous avez fait appel à des professionnels pour vous aider à fabriquer votre livre, vous devez les mentionner.


Concrètement, cela concerne plusieurs types de personnes. Si quelqu’un a réalisé la couverture de votre livre, qu’il s’agisse d’un graphiste, d’un illustrateur ou d’un photographe, son nom doit apparaître avec la mention de son rôle. Par exemple : « Couverture : Julie Martin, graphiste » ou « Illustration de couverture : © 2025 Pierre Lefebvre. » Si vous avez utilisé une photographie achetée sur une banque d’images, vous devez indiquer la source conformément aux conditions de licence, par exemple : « Photo de couverture : Shutterstock, licence commerciale. »


Ensuite, si vous avez fait appel à un maquettiste pour la mise en page intérieure de votre livre, son nom mérite également d’apparaître, avec la mention « Maquette intérieure » ou « Mise en page. » De même, si votre livre a été relu et corrigé par un correcteur professionnel, vous pouvez le remercier avec la mention « Correction : prénom nom. » C’est une question de reconnaissance du travail accompli, et les professionnels du livre y sont sensibles. Si votre livre a été traduit, le nom du traducteur est quant à lui obligatoire, accompagné du titre original et de la langue source.


Voici un exemple de bloc de crédits bien rédigé : « Couverture : Sophie Mercier. Maquette intérieure : Atelier du Livre, Lyon. Correction : Anne-Claire Vidal. Photographie de l’auteur : © Luc Bernard. »

L’ISBN : le numéro qui fait exister votre livre


Notamment, l’ISBN est un identifiant numérique unique, composé de 13 chiffres, qui permet d’identifier votre livre dans le monde entier. Imaginez-le comme le numéro de carte d’identité de votre livre. Sans lui, votre ouvrage n’existe tout simplement pas dans les systèmes informatiques des libraires, des bibliothèques et des plateformes de vente en ligne.


En France, c’est l’AFNIL, l’Agence francophone pour la numérotation internationale du livre, qui attribue les ISBN. Vous pouvez en faire la demande directement sur leur site internet. L’attribution d’un préfixe éditeur est payante mais abordable, et elle vous permet de gérer vos propres ISBN pour tous vos livres à venir, ce qui vous identifie comme éditeur à part entière.

L’ISBN sur Amazon KDP : deux options possible.


Option 1 : l’ISBN gratuit de KDP. Amazon vous attribue un ISBN gratuitement, mais attention, cet ISBN est enregistré au nom d’Amazon KDP, pas au vôtre. Concrètement, si vous tapez cet ISBN dans un moteur de recherche professionnel, c’est Amazon qui apparaît comme éditeur, pas vous. Pour beaucoup d’auto-édités qui vendent uniquement sur Amazon, cela ne pose pas de problème. En revanche, si vous voulez être distribué en librairie ou en bibliothèque, cela devient gênant. C’est tentant, mais ces ISBN sont attribués au nom de la plateforme, et non au vôtre. Si vous changez un jour de prestataire, vous perdez cet ISBN. Il vaut donc mieux investir dans vos propres ISBN dès le départ. Sur votre page légale, l’ISBN s’écrit ainsi : « ISBN : 978-2-XXXXXXX-XX-X. »


Option 2 : votre propre ISBN. Vous achetez votre ISBN auprès de l’AFNIL, vous le saisissez dans votre espace KDP, et c’est votre nom ou votre maison d’édition qui apparaît comme éditeur. C’est la solution recommandée si vous souhaitez construire un vrai catalogue et garder le contrôle.

Le dépôt légal : une obligation que personne ne vous explique


En effet, le dépôt légal est une obligation légale souvent totalement ignorée des auteurs auto-édités, et pourtant elle est bien réelle. Dès que vous publiez un livre en France, vous êtes tenu d’en déposer un exemplaire auprès de la Bibliothèque nationale de France. Ce dépôt permet à l’État de conserver une trace de toutes les publications parues sur le territoire, c’est une mission patrimoniale qui remonte au XVIe siècle.


Concrètement, vous envoyez un ou deux exemplaires de votre livre à la BnF dès sa parution. En échange, la date de votre dépôt est enregistrée, ce qui constitue une preuve officielle que votre livre existait à cette date. C’est une protection non négligeable en cas de litige sur la paternité de votre oeuvre.


La mention du dépôt légal doit figurer sur votre page légale. La formule est très simple et immuable dans le monde de l’édition : « Dépôt légal : mars 2025 » ou « Dépôt légal : 1er trimestre 2025. » C’est court, mais c’est obligatoire.

Le numéro d’édition : une information utile pour vos lecteurs


De plus, il est d’usage d’indiquer de quelle édition il s’agit. Pour votre première publication, vous écrirez simplement « Première édition » ou « 1re édition, 2025. » Si vous corrigez votre texte et le republiez, vous passerez à la « Deuxième édition, » et ainsi de suite.


Cette information est particulièrement utile si vous republiez une version améliorée ou augmentée de votre livre. Les lecteurs qui possèdent déjà la première édition savent ainsi ce qui a changé, et les bibliothécaires peuvent distinguer les différentes versions dans leurs catalogues. C’est un petit détail, mais il témoigne d’un vrai professionnalisme éditorial.

L’achevé d’imprimer : la page de fin, côté fabrication


Puis, sur l’avant-dernière page de votre livre, figure traditionnellement l’achevé d’imprimer. Cette mention est héritée de la grande tradition typographique française, et elle est encadrée par la loi : tout livre imprimé doit mentionner le nom et l’adresse de l’imprimeur.


Si vous passez par une imprimerie classique, vous indiquerez son nom et son adresse. Si vous utilisez une plateforme d’impression à la demande comme Bookelis, Lulu ou IngramSpark, vous indiquerez le nom et l’adresse de ce prestataire. La formule traditionnelle est la suivante : « Achevé d’imprimer en mars 2025 par Imprimerie Dupont, 3 rue des Artisans, 69000 Lyon. » Certains auteurs ajoutent également le type de papier utilisé, par exemple « imprimé sur papier offset 80g, » ce qui est un bel hommage à la tradition éditoriale, même si ce n’est pas obligatoire.

L’achevé d’imprimer sur un livre KDP

C’est là que ça devient intéressant. Amazon KDP imprime à la demande, ce qui signifie que chaque exemplaire est imprimé au moment de la commande, dans l’entrepôt le plus proche de l’acheteur. Il peut s’agir d’un entrepôt en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux États-Unis selon la commande.

Du coup, la formule classique « Achevé d’imprimer en mars 2025 par… » ne fonctionne pas vraiment. Les éditeurs qui passent par KDP adoptent généralement l’une de ces deux approches.

Donc cette mention est généralement généré automatiquement par Amazon, vous n’aurez sans doute pas l’utilité de le faire. : « Imprimé à la demande par Amazon KDP, 2025. »

Ce que doit contenir les mentions légales de votre livre : un exemple complet


Pour que vous puissiez visualiser concrètement ce que donne une page légale bien remplie, voici un exemple complet que vous pouvez adapter à votre situation :

Sur l’une des premières pages :


© 2025 Marie Dupont pour le texte.
© 2025 Éditions du Polar Noir pour la maquette et la mise en page. Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite de l’éditeur.
Couverture : Sophie Mercier.
Maquette intérieure : Atelier du Livre, Lyon.
Correction : Anne-Claire Vidal.
Photographie de l’auteur : © Luc Bernard.
Éditions du Polar Noir, 12 rue des Lilas, 75010 Paris.
ISBN : 978-2-XXXXXXX-XX-X.
Dépôt légal : mars 2025. 1re édition.


Et sur l’avant-dernière page : « Achevé d’imprimer en mars 2025 par Bookelis, 7 rue de la Paix, 75001 Paris. »


Voici ce que donnerait la page légale adaptée à KDP

Sur l’une des premières pages :

© 2025 Marie Dupont pour le texte.
© 2025 Éditions du Polar Noir pour la maquette et la mise en page.
Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite de l’éditeur.
Couverture : Sophie Mercier.
Maquette intérieure : Atelier du Livre, Lyon.
Correction : Anne-Claire Vidal.
Éditeur : Polar Noir, 12 rue des Lilas, 75010 Paris (Si votre propre ISBN)
Éditeur : Amazon. (Si ISBN d’Amazon).
ISBN : XXXXXXX-XX-X.
Dépôt légal : mars 2025. 1re édition.

Et sur l’avant-dernière page, la mention d’impression est générée automatiquement par Amazon.

Pour conclure pour les mentions légales de votre livre : deux pages qui changent tout


Pour conclure, la page légale et l’achevé d’imprimer sont souvent les dernières pages auxquelles un auteur auto-édité pense, et pourtant ce sont les premières qu’un professionnel du livre regardera. Un libraire qui reçoit votre livre pour évaluer une éventuelle mise en rayon, une bibliothécaire qui catalogue votre ouvrage, un journaliste qui envisage d’en parler, tous ces professionnels vérifient instinctivement ces pages. Elles leur disent immédiatement si l’auteur a pris son rôle d’éditeur au sérieux.


Les grands éditeurs soignent ces pages avec autant d’attention que la couverture ou le quatrième de couverture. En adoptant les mêmes réflexes qu’eux, vous montrez que vous faites partie du monde du livre à part entière, et non pas d’un marché parallèle de publications bricolées. C’est une question de respect, envers vos lecteurs, envers les professionnels qui travailleront avec vous, et envers vous-même en tant qu’auteur.

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4 Responses

  1. Merci pour ces informations ultra-utiles. J’envisageais de publier plusieurs livres techniques. Je vais me renseigner sur le numéro ISBN.

  2. Ce que tu soulèves sur KDP, c’est exactement le genre de détail qu’on découvre trop tard… Beaucoup d’auto-édités signent sans le savoir leurs droits éditoriaux à Amazon. Merci pour ce guide complet et sans jargon, c’est vraiment très utile.

    • L’ISBN peut être une bonne alternative pour les livres à « faible contenu » comme des carnets à remplir et agenda. Mais personnellement, je le déconseille pour un roman ou un livre avec du contenu qualitatif car devoir republier son livre c’est perdre tous ces avis.

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